Article écrit par Amélie Canchaya
Le peuple Betawi appelée aussi Batavien est le peuple autochtone de Jakarta la capitale de l'Indonésie.

Carte de l'Indonésie avec la position de Jakarta la capitale de l'Indonésie
Le nom de Betawi vient de l'ancien de la ville Jakarta durant la période coloniale néerlandaise, Batavia ( venant de Batave, une tribu germanique venant du nord des Pays bas).
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Mariage Betawi avec le couple en tenue traditionnelle
Ils parlent le Betawi, un créole basée sur le malais. ( Un créole est une langue qui prend généralement pour origine un pigdin, une langue très simplifié, on n'oublie dedans tous ce qui n'est pas entièrement utile à la compréhension, et de cette base va évoluer pour donner une langue à part entière avec le temps par le contact avec d'autres langues pour s'enrichir avec généralement une langue principale, par exemple les créoles de martinique et de guadeloupe sont des créoles français car leur base principale est le français et dans le cas des Betawis, c'est le malais. Malais qui est une langue austronésienne).
Panneau en créole de Guadeloupe signifiant "Lève ton pied (de l'accélérateur), il y a des enfants qui jouent là"
Texte en Betawi (dialecte du centre):
Semuè orang, mah, èmang diberocotin ènggal amè ngelè argè diri amè hak-hak nyang sembabad. Tu orang padè diangsrongin deri sononya pikiran amè liangsim mengkènyè udè kudunyè, dèh, padè segalang-segulung nyampur amè nyang laènnyè dengen sumanget sudaraan.
dialecte autour de la périphérie :
Semua orang dari sonohnya, mah, èmang diberocotinnya pada bébas ama gableg arga diri ama hak nyang sembabad. Tu orang udah dikasi pikiran ama liangsim mangkanya udah kudunya, dah, tuh, pada gaul campur dengen semanget sedaraan.
Texte en Indonésien ( une version standardisé du malais):
Semua manusia dilahirkan bebas dan samarata dari segi kemuliaan dan hak-hak. Mereka mempunyai pemikiran dan perasaan hati dan hendaklah bertindak di antara satu sama lain dengan semangat persaudaraan.
traduction du texte :
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
La région de Jakarta est peuplée historiquement depuis au moins 3500 ans, et a été majoritairement peuplée par les Soundanais.
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Lieux avec les endrois où vivent les Soundanais avec en bleu Jakarta pour les Betawis actuellement
Couple Soundanais se mariant
La région de Jakarta est alors un port nommé Kelapa où Kalapa (Sounda Kalapa de son nom complet) et existait depuis le 5ème siècle au moins d'après les auteurs portugais.
C'est en 1522 que la région est le lieu de contact entre les européens, ici les portugais, en effet le roi du royaume Sounda, un royaume Hindouiste, Surawisesa donna après négociation aux portugais le droit de s'établir à Kelapa pour y établir une forteresse. Ainsi des portugais s'installèrent dans la région se mariant à des Soundanaises formant déjà les bases des Betawis même si il reste encore du temps. De cette apport portugais est née un type de chanson, le Keroncong de Tugu.
Voici un type de Keroncong de Tugu : https://www.youtube.com/watch?v=_7uKZJpqhcg
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Royaume de Sounda

Pillier représentant le traité entre les portugais et le royaume de Sunda
Cependant des révoltes à Goa en Inde ralentire cela et l'instabilité à Sounda du fait des attaques des sultanats voisins et finalement en 1527, le sultanat Javanais de Demak envahit et prit le contrôle de Kalapa réussissant à vaincre les 30 Portugais.
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Sultanat de Demak avec ces conquêtes sur le royaume de Sounda( d'ailleurs il existe encore un peuple du côté de Banten
Le conquérant de la ville Fatahillah renomma la ville Jayakarta (qui donnera le nom actuel Jakarta à la ville). Le royaume de Sounda finira alors par disparaître sous le coup des sultanats voisins après avoir perdu son port le plus important. Le royaume Soundanais finissant annexé par le sultanat de Banten en 1579.
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Timbre représentant Fatahillah
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Carte du Sultanat de Banten
Quand à la région, l'arrivée des Javanais va se ressentir par l'apport de l'islam dans la réligion locale et l'apport de mots javanais que l'on retrouve même dans la langue Betawi.
En 1610 les néerlandais de la VOC (la Vereenigde Oostindische Compagnie, la compagnie des Indes orientales) obtiennent du Prince de Banten, Jayawikarta, le droit d'installer un poste de marchandise sur la rive est de la rivière Ciliwung de l'autre côté se trouvait Jayakarta.
Cependant voyant que le pouvoir néerlandais augmentait, le Prince permit aux anglais qui avait déjà un stand de commerce à Banten d'en installer un autre sur la rive opposée à celle des néerlandais.
En 1618, le gouverneur de la VOC, Jan Pieterszoon Coen envoya une lettre de protestation aux anglais, car ces derniers avaient capturés un navire néerlandais du côté de Patani au Siam (une région au Sud de l'actuelle Thaïlande peuplait de populations malaises).
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Jan Pieterszoon Coen

Patani au sein de l'actuel Thaïlande
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Drapeau de Patani
Les anglais dirent que c'était les néerlandais qui avaient commencé en les expulsant des Moluques.
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Archipel des Moluques
En effet depuis quelques temps, les néerlandais commençaient à s'établir dans la région des Moluques expulsant les portugais qui s'y trouvaient et les anglais qui cherchaient à s'y installer.
Cependant cela faisait un bout de temps déjà que les néerlandais cherchaient à expulser les anglais des indes orientales. Coen pensa alors que la véritable raison de l'attaque du bateau néerlandais devait être ailleurs. Pour intimider les anglais, il planifia alors des tentatives d'assassinats sur des dignitaires anglais.
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Carte des Indes Orientales
Le 18 décembre 1618, un ambassadeur anglais était tué par les néerlandais au sultanat de Jambi à Sumatra du côté de l'actuel province de Jambi en Indonésie et qu'un bateau anglais avait été brulé.
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Province de Jambi en Indonésie
Le 20 décembre 1618, une bataille naval se déclenche entre les néerlandais et les anglais. Ces combats dans les Indes orientales énervèrent le Sultanat de Banten. Le 26 décembre 1618, il envoya 2000 à 3000 expulsait les néerlandais de leur campement autour de Jayakarta. Wijayakrama, dirigeant de Jayakarta à cette époque fut aussi perturbé par cela et demanda que si les néerlandais partaient que les anglais fassent aussi leurs valises de la région.
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Néerlandais à Jayakarta en 1618
Finalement, Coen tenta une offensive contre les forces de Jayakarta mais la flotte Bantenaise-anglais les vaincus.
Le 10 et 14 janvier 1619, le fort sur la côte de Jayakarta de la VOC fut attaqué par les forces de Jayakarta et anglaises. Les Néerlandais durent fuir à Ambon ( aux Moluques) et à Jepara au centre de l'île de Java.

île d'Ambon dans les Moluques

Carte avec au nord du point rouge, la ville de Jepara
Les Néerlandais demandèrent aussi que les officiels néerlandais soient bien traités ce qui fut respecté. Les anglais respectèrent cela envoyant des gens pour prendre soin d'eux pendant 2 ans. Les Néerlandais attaquèrent également la flotte anglaise proche d'Ambon.
Le 22 janvier 1619, Wijayakrama fait kidnappé des dirigeants de la VOC à Jayakarta comme Pieter van den Broecke.
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Pieter van den Broecke

Capture de Pieter van den Broecke amené devant Wijayakrama
Le 29 janvier 1619, les anglo-jayakartain attaquent les forts de la VOC de la région et les Bantenais du sultan de Banten en font le blocus. Ces forts se rendent 4 jours plus tard.
Cependant, Arya Ranamanggala, sultan de Banten était très critique de l'attitude de Wijayakrama qui avait déclaré la guerre aux néerlandais sans son avis à lui. Le Sultan força les anglais à quitter Jayakarta où il détruirait leur point de commerce à Banten. Finalement il envoya 4000 hommes attaquer les anglais à Jayakarta le 19 février 1619 et fit capturer Wijayakrama avec 50 hommes. Il mit alors le fils de ce dernier Jayawikarta au pouvoir de la ville et lui retira son autonomie la plaçant directement sous son autorité.
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Capture de Wijayakrama
Coen prépara sa revanche et captura des navires chinois qui devait commercer avec les anglais et détruisit le port de Jepara qui avait été ouvert récemment au commerce avec les anglais. Puis il prépara à retourner à Jayakarta.
Le 17 mai 1619, les forces de la VOC étaient de retour à Jayakarta, il était 1000, brûlant sur leur passage les maisons des habitants et attaquant les forts bantenais.
Le 25 mai, le port de Banten est attaqué par les néerlandais. Le 28 mai Coen revient des Moluques avec des renforts et le 30 mai, Jayakarta est rasé et sa population expulsé.
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Conquête de Jayakarta
Le fort de Batavia fut construit sur ces ruines, tenant son nom des Bataves une tribu germaniques qui vivaient aux pays bas et supposaient à l'époque comme les ancêtres des néerlandais.

Fondation de Batavia
Au départ, la VOC voulait faire de la région une zone de peuplement mais l'hostilité des voisins et le besoin d'une forte main d'oeuvre pour les champs et les routes économiques, convainquit la VOC d'employer de la main d'oeuvre facile, comme des esclaves de régions autour dont beaucoup venant de Bali (les seigneurs de Bali pratiquant encore l'esclavage) où amenait par des mercenaires Ambonais, cette apport se ressentant par la grande présence de mots balinais dans la langue Betawi, ainsi que des travailleurs peu cher et des esclaves de très loin, où des portugais venant des anciennes colonies portugaises prises par la VOC.

La VOC achetant des Esclaves du côté de l'Arakan (pour plus de détail sur l'Arakan, vous pouvez lire l'article sur les Arakanais : https://lh.rezel.net/LH30/articles/Les%20T%C3%A9l%C3%A9voyages%20d%E2%80%99Am%C3%A9lie%202%20-%20La%20Culture%20arakanaise.html )
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Esclave Balinais à Batavia
A la fin du 17 ème siècle, la composition ethnique de Batavia est la suivante : 7% de Néerlandais, 20% de Chrétien d'Asie et de métises, 10% de Chinois non chrétien, 12% de Malais, Javanais et Balinais, et plus de 50% d'esclaves.
Pour faire fonctionner ce beau monde dans le cadre du commerce, la VOC obligea la population a utiliser la langue malaise du marché ( le malais étant dans la région la langue universelle pour les échanges), c'est pour cette raison que le Betawi est un créole malais.
Le commerce florisant de Batavia attira des populations venant de loin, comme des populations de Chine, de la péninsule Arabique et d'Inde qui vont venir se rajouter à la population de la région, tout cela formant la base du peuple Betawi.

Danseurs Betawis durant l'époque coloniale
Ces différents peuples composant Batavia peuvent se retrouver dans les noms des lieux de la ville, Kampung Melayu, Kampung Bali, Kampung Ambon, Kampung Jawa, Kampung Makassar et Kampung Bugis. ( les Makassars et les Bugis étant des peuples du sud de l'île de Sulawesi).
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l'île de Sulawesi
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Makassars en tenue traditionnelle


Bugis
Au 17 ème et 18ème siècle, les registres néerlandais ne prenait en compte que l'ethnie d'origine des membres constituant les Betawis et non pas une ethnie Betawi unifié.
Cependant au 19ème siècle, le peuple Betawi va se former complétement comme un groupe ethnique à part entière différents des autres ethnies de l'île de Java, naissant de la fusion de toute les cultures se trouvant à Batavia, on remarque ainsi que les recensements montrent une disparition des gens s'identifiant comme appartenant à un groupe ethnique venant de loin de Batavia préférant s'identifier comme indigènes de la ville vers la fin du 19ème siècle même si on n'est qu'au fondement de l'esprit d'appartenir à un groupe ethnique distinct ( sûrement que si vous aviez demandé à la population peu aurais dit qu'ils étaient Betawi,Yasmine Zaki Shahab, spécialiste de la culture Betawi pense qu'ils s'identifiaient à cette époque comme des malais)
cependant ce n'est qu'en 1930, que les néerlandais créent la catégorie Betawi et cette année elle comprend 778.953, soit la majorité de la population de Batavia.
En 1923, Mohammad Husni Thamrin (une figure de l'indépendance de l'Indonésie, connue pour avoir aidé à unifié des mouvements en faveur de l'indépendance de l'Indonésie, il est encore considérée comme un héros national) créent Pemoeda Kaoem Betawi, l'organisation des jeunes Betawi.

Mohammad Husni Thamrin
En 1945, l'Indonésie accède à l'indépendance des Pays Bas après une guerre d'indépendance difficile face à la puissance coloniale, Batavia devient sa capitale sous le nom de Jakarta et des migrants font avec le temps affluer de tout le pays transformant les Betawis en minorité dans leur propre région, en 1961, les Betawis représentaient 22,9% de la population de la ville et ces membres sont de plus forcés de vivre en périphérie de leur ville, les marginalisant un peu dans leur propre pays, cependant certains nouveaux arrivants s'assimilent dans la culture Betawi.

Célébration du nouvel an lunaire chinois en 1977 par des Betawis
Il y avait en 2010, 6 807 968 de Betawis.
En terme de religion, la majorité des Betawis (environ 97,1%) sont musulmans sunnites, rappelons ici que la religion musulmane fut un des grands points imoportants pour les indépendantistes car permettant de se différencier du colonisateur néerlandais, il a de ce fait prit une grande importance dans l'archipel Indonésien, même si certaines régions et de nombreux peuples sont à majorité Chrétienne. L'organisation des jeunes Betawis considèraient d'ailleurs la religion musulmanes comme l'un des pilliers de l'identité Betawi et de sa formation, cependant tout les Betawis ne sont pas musulmans et certains éléments de leur culture vient d'éléments de culture non musulmanes.
La deuxième religion chez les Betawis est le protestantisme héritage de la colonisation néerlandaise (1,60%) puis on a le catholicisme ( 0.62%), 0,57% sont bouddhiste et le reste sont des hindoistes et autre.
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église Betawi
En terme de cuisine, celle ci est la représentation des apports des différents peuples composant les Betawis et de leur localisation sur un port.
On a par exemple le Soto Betawi, la version Betawi d'un plat Indonésien le Soto. Il s'agit d'une soupe avec des légumes, de la viande et du bouillon.
On peut également citer l'Asinan, un plat de légumes marinés dans une saumure où dans une solution vinaigreté, il s'agit d'un plat que l'on retrouve dans l'ouest de Java, les Betawis en ayant leur propre version qui contient du chou chinois, du chou, des germes de haricots, du tofu et de la laitue( tout ces aliments rappelant le mélange des cultures qui a formé les Betawis), le tout avec une sauce chaude de cacahouètes, de vinaigre le tout avec du Krupuk (un type de craquelin à base de manioc où de riz, frie avec des crevettes, du poisson et d'autres fruits de mer, il s'agit d'une spécialité du Sud de la Thaïlande, des Philippines, de la Malaisie, de l'Indonésie, Bruneï et de Singapour).
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Exemples de Krupuks
Asinan Betawi
Soto Betawi avec de l'Asinan Betawi
Citons également le Roti buaya, un pain Betawi en forme de Crocodile servi lors des mariages.
Roti Buaya
D'autres éléments de culture sont par exemple le Kerak telor, un type d'omelette fait avec du riz gluant et des oeufs et servi avec de la noix de coco frit.

Kerak Telor
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Marchand ambulant faisant des Kerak Telor
On a aussi le Gado Gado, une salade de légumes bouillies.
Exemple de Gado-gado
On a également le Kue ape, des pancakes que l'on retrouve dans toute l'Indonésie mais énormément à Jakarta.

Exemple de Kue Ape
Les Betawis ont un style de combat traditionnel, le Silat Betawi (appelée maen pukulan où main pukulan en Betawi). Cet art martiale tient son origine de la culture des jagoans appelée aussi les jawaras, des héros locaux qui combattaient l'autorité coloniale néerlandaise. Ces héros étaient considérés comme des voyous où des bandits par les néerlandais. Ces héros qui vont développer un nouveau style de combat.
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Représentation de Silat Betawi
Parmis ces héros, nous pouvons parler du Bandit semi-légendaire (puisqu'il a réellement existé) Si Pitung.
Il s'agit d'un héros de la Batavia du 19ème siècle.
Il est née à l'ouest de Batavia dans la région de Pengumben dans l'actuel région de Palmerah.
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Carte de Jakarta de l'ouest en gris avec au Sud est la région de Palmerah
Il serait le quatrième fils d'un couple et s'appelait de son nom de naissance, Salihoen, Pitung étant un surnom issu du Javanais, pituan pitulung signifiant groupe de 7. Durant son enfance, il apprit les arts martiaux Indonésiens comme le Pencak et donc les bases du Silat Betawi.
La Carrière de ce jeune homme commença après que ce dernier se soit fait voler l'argent qu'il avait obtenu de la vente des chèvres de son père. Son père lui demanda alors de rembourser la perte. Pitung partit donc capturer le coupable et devient ainsi un Jago, une légende locale, un justicier aussi pourrait t'on dire.
Plus tard, Pitung invita ces amis Dji-ih, Rais, et Jebul à cambrioler le propriétaire riche habitant au nord de Batavia, Hadji Sapiudin le 30 juillet 1892.
Pour ce faire, ils sont venus le voir habillés en agents d'états disant qu'il était sous investigation pour une potentielle fraude et qu'ils s'offraient donc pour protéger son argent. Le propriétaire accepta sans se douter qu'il s'agissait de voleurs.
La police pensa que Pitung et ses collègues avaient utilisé des armes à feu pour faire peur aux propriétaires et au voisinages.
On raconta que Pitung ne volait qu'aux personnes riches qui avaient collaborés avec les néerlandais.
Le 18 juillet 1892, Un schout ( proche d'un policier) avait trouvé un manteau noir, un uniforme de police et une casquette dans une maison, ils auraient été utilisé par Pitung et ses associés.
Le mois suivant, on trouva 125 pièces appartenant probablement en partie à Hadji Sapiudin.
Le Policier A.W.V. Hinne qui était à Batavia de 1888 à 1912 s'intéressa à cette affaire. Il l'a capturé une fois mais ce dernier s'était échappé avec l'aide de ces alliés, la légende voulant qu'il aurait utilisé ces pouvoirs magiques pour s'échapper.
On raconte qu'après Hinne aurait interrogé Hadji Naipin sur le talisman qui lui donnerait ces pouvoirs, dans d'autres cas, il aurait demandé à ces camarades qui l'aurait trahi à part Dji-ih qui restera fidèle jusqu'au bout à Pitung. La nature du Talisman des sources, dans certaines, il s'agit de sa Kris ( une sorte de Dague Javanaise).

Exemple de Kris
D'autres disent qu'il s'agit de ces cheveux et qu'il fallait les couper pour qu'il perde ces pouvoirs. Une autre dit qu'il fallait le bombarder avec des oeufs pourris.
Les sources Indonésiennes disent que sa famille fut torturés pour révéler sa position et que Pitung fut amené dans un piège, où d'après la légende, il fut tué par Hinne avec une balle en or.
Le cimetière de Pitung fut recouvert des locaux de la compagnie Telkom Indonesia mais la tombe de Pitung fut laissé intacte et les gens viennent la voir en pélerinnage espèrant qu'elle leur donnera des pouvoirs.
La maison de Pitung est actuellement un musée.
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Maison de Pitung
Pitung est encore considéré comme un héros Betawi.
Parlons d'ailleurs de l'architecture Betawi, traditionnellement, les Betawis vivent dans des maisons dit Kebaya ( en raison de la forme de sa base qui rappelle la robe Kebaya, une robe traditionnelle de l'Indonésie,la Malaisie, Singapour et le Bruneï et le Sud de la Thaïlande).
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Soundanaise en Kebayas

Balinaises en Kebayas
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Betawis en tenue traditionnelle avec la dame en Kebaya
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Exemple de maison Betawi Kebaya
L'ennui est que pour faire ces maisons il faut de l'espace et comme Jakarta devient de plus en plus densément peuplée cela force les Betawis à vivre en périphérie de la ville.
Les Betawis ont également une grande richesse musicale issu du métissage qui a formée les Betawis, nous avons déjà évoqué le Keroncong de Tugu mais ce n'est pas le seule, il y a aussi le Gambang kromong ( qui possède beaucoup d'éléments d'origine chinoise, il s'agit d'un type d'orchestre Betawi, même si cela mélange aussi d'autres styles musicaux), le Tanjidor et bien d'autres.

Personne faisant du Gambang Kromong
Exemple de Gambang Kromong : https://www.youtube.com/watch?v=i-BgYyiIUkQ
La Chanson Jali-Jali, une chanson traditionnelle Betawi, Jali- Jali étant le nom d'une plante poussant autour de Jakarta : https://www.youtube.com/watch?v=UAMkVplkPe0
Les Betawis sortent pour accueillir les invités et les grandes cérémonies les Ondel-ondel, deux grandes poupets rappelant le Barong Balinais (). Il s'agit initialement d'esprits protecteurs, protégeant des maladies, il avait également une figure plus effrayantes avec des grandes dents comme Barong et la sorcière Rangda de la pièce de théâtre sur eux à Bali racontant la lutte de Barong protecteur de Bali contre la sorcière.
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Rangda
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Barong
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Danse Barong à Batavia

Ondel Ondel durant l'époque coloniale
C'est vers 1970 que le gouverneur de Jakarta dans une optique de moderniser la ville fit modifier l'apparence de Ondel-Ondel pour les rendre plus sympathique.

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Ondel-Ondel actuellement
Chanson en l'honneur du Ondel-Ondel : https://www.youtube.com/watch?v=NdaMkC25PKw
Le Ondel-Ondel prend aussi aux dances masquées Soundanaises des éléments d'où le côté personne masqué.
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Danse Masquée Betawi
Ils ont aussi du théâtre comme le Lenong. Ce théâtre prend pour sujets des légendes urbaines, par exemple historiquement Pitung fut un sujet privilégié.
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Exemple de Lenong
Panjak désigne les acteurs masculins et Ronggeng pour les dames. On commence une séance par une prière puis un rituel d'offrande.
Il y a également de nombreuses danses chez les Betawis.

Danse de Ronggeng Blantek

danse Gitek Balen

Danse Topeng Gong

Danse Lambang Sari

Danse Ngarojeng

Danse Cokek

Danse Lenggo Jingke
Le Folklore Betawi contient quelques mythes, comme celui de Jagoan Tulen, un épéiste dans la jungle autour de Jakarta partant combattre les forces du mal. On a aussi l'histoire de Njai Dasima. Originaire de Bogor, elle a vécu entre 1805 et 1830. Cette belle demoiselle était la nyai( maîtresse entretenue) de M. Edward, un Anglais. Leur relation provoqua une rupture entre Dasima et sa famille, qui la considérait comme une apostate (ayant renoncé à sa religion) pour sa vie aux côtés d'Edward, ses proches et sa communauté la jugeaient immorale et dépourvue de dignité.
Parallèlement, la société européenne ne l'acceptait pas pleinement et lui témoignait souvent du mépris, d'autant qu'Edward ne s'intéressait qu'à son corps. Désemparée par cette situation, Dasima crut trouver un sauveur en la personne de Samiun, un jeune homme de Kwitang qui finit par la séduire. Toutefois, les intentions de Samiun étaient purement vénales : il cherchait à s'emparer de la fortune de Dasima pour éponger les dettes qu'il avait accumulées. Dasima, qui avait quitté M. Edward pour trouver sécurité et amour dans les bras de Samiun, se retrouva trahie et vouée au malheur. Sa vie s'acheva tragiquement : elle fut dépouillée et tuée dans la rivière Cempaka Putih par son propre mari, avec la complicité de Bang Puasa, un jawara (homme fort local).
Ainsi se conclut cette épisode en espèrant qu'il vous aura interéssé !